RO Système Furtif : une innovation née de l’urgence

Une histoire marquée par le feu

L'histoire du système RO ne débute pas dans un bureau d'études, mais dans un drame humain. En 1985, alors qu'Olivier Rognon n'a que 10 ans, son grand-père décède dans un incendie.

Les secours sont présents, mais l'absence d'un outil d'extraction rapide et adapté empêche une intervention efficace. Ce jour-là, une idée s’imprime durablement : face à l'urgence, le manque de matériel peut coûter une vie.

Cet événement forge chez Olivier une conviction profonde : servir, agir, et surtout améliorer les moyens mis à disposition de celles et ceux qui interviennent en première ligne.

Du terrain à l'innovation opérationnelle

En 1994, Olivier Rognon rejoint les sapeurs-pompiers, puis intègre la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1997. Depuis plus de 31 ans, dont plus de 16 ans à la BSPP, il vit l'urgence au quotidien : interventions sous stress, contraintes physiques, environnements dégradés, escaliers étroits, victimes lourdes, secondes décisives.

Les attentats du Bataclan et de l'Hyper Cacher en 2015 constituent un véritable déclencheur. Les forces et services d'intervention sont confrontés à des situations extrêmes, où l'extraction d'un blessé doit être immédiate, sous menace, avec des effectifs réduits.

C'est à ce moment-là que l'idée du système RO prend tout son sens et devient un produit pleinement opérationnel.

Un réflexe, pas une réflexion

Le système RO repose sur un principe fondamental : l'instinct. À l'image d’une ceinture de sécurité, son utilisation doit être automatique, sans réflexion, même sous stress extrême.

La sangle est déployée, comme un parachute prêt à s'ouvrir. Il suffit de l’attraper. En moins de3 secondes, l'opérateur peut engager une extraction. Ces secondes comptent. Elles peuvent sauver une vie.

Une fois en place, l'utilisateur conserve les mains libres : pour se protéger, riposter, progresser ou sécuriser la zone. L'extraction s’effectue par la puissance des jambes, et non par le dos, réduisant considérablement les risques de blessure.

Une efficacité prouvée, même en milieux contraints

Le système RO réduit drastiquement le temps d’extraction, notamment dans les escaliers, couloirs étroits, tranchées ou espaces confinés. Là où une évacuation classique nécessite plusieurs opérateurs, un seul suffit.

Grâce à un centre de gravité plus bas et à un levier court (le fémur), le système permet à des opérateurs de petit gabarit de tracter des charges bien supérieures à leur propre poids. Exemple terrain : un opérateur de 47 kg a pu extraire un blessé de 140 kg, en prenant appui sans rupture de posture. Le poids est porté, non subi.

Le RO protège également l’intégrité physique de la victime : lors de l'évacuation dans des escaliers, seuls les talons touchent le sol, limitant les risques d’aggravation des blessures.

Une conception pensée pour le combat et l’urgence

Compact, léger et intuitif, le système RO s'intègre directement aux équipements existants. Il est adaptable et universel sur tous types de supports : gilets tactiques, passants MOLLE ou ceinturons. Sa mise en œuvre est immédiate, sans formation complexe.

Caractéristiques techniques :

  • Résistance de la boucle : 18 kN

  • Résistance de la sangle : 1.2 tonne

  • Couture renforcée (type carré)

  • Norme : EN 12195-2

  • Entretien : eau tiède et savon doux

  • Compatibilité : MOLLE et ceinturons 50 mm

Inclus : Pochette de rangement

Dimensions :

  • Longueur repliée : 14 cm

  • Épaisseur : 4 cm

  • Hauteur : 3.5 cm

  • Poids : 337 g

Matériaux :

  • Sangle polyester haute ténacité

  • Tissu Cordura ignifugé

  • Boucle en acier

Une reconnaissance institutionnelle

En 2022, le système RO est récompensé par plusieurs distinctions majeures :

  • Médaille d’or au Concours Lépine

  • Grand Prix du Préfet de Police de Paris

  • Médaille de bronze de la Société Française de Médecine du Sport

  • Premier Prix des Sapeurs-Pompiers de France


Le RO n'est pas un simple accessoire. C'est un réflexe de survie, pensé par un homme de terrain, pour les femmes et les hommes de terrain. Parce qu'en intervention comme au combat, chaque seconde compte.
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