Prévention du burn-out et du stress post-traumatique

Préserver l’efficacité opérationnelle en protégeant les agents.

Le dévouement à la protection du public expose les forces de l’ordre à des circonstances rares dans d'autres professions : violence, décès, détresse humaine, pression incessante et responsabilité accrue. Bien que ces aspects soient inhérents à la profession, on ne doit ni minimiser ni négliger leurs répercussions psychologiques.

L’évitement du burn-out et du stress post-traumatique (SPT) représente actuellement un défi crucial en matière de santé, de sûreté et d'efficacité professionnelle.

1. L’épuisement professionnel : une fatigue progressive mais évitable.

Le burn-out est une condition d’épuisement professionnel découlant d’un stress chronique prolongé, sans assez de temps pour récupérer. Contrairement à une fatigue temporaire, il s’installe progressivement et impacte non seulement le corps, mais aussi l’esprit et la motivation.

Signes d’alerte courants

  • Épuisement continu, malgré le repos.

  • Irritabilité, perte de patience, cynisme.

  • Diminution de la motivation et désengagement.

  • Perturbations du sommeil et de la concentration.

  • Sentiment d'inefficacité ou de défaillance.

Dans les forces de sécurité, le burn-out est fréquemment intensifié par la mentalité du « tenir bon », qui retarde l’intervention.

2. Le trouble de stress post-traumatique : une réponse habituelle à un événement inhabituel

Le trouble de stress post-traumatique peut se manifester suite à une exposition directe ou indirecte à un événement traumatisant : agression, décès, mise en péril de la vie, accident sérieux, ou situation impliquant des enfants.

Symptômes potentiels

  • Souvenirs, réminiscences, terreurs nocturnes.

  • Survigilance et irritabilité.

  • Fuite de certaines circonstances.

  • Anxiété, rage, solitude.

  • Problèmes relationnels ou professionnels.

3. Facteurs de risque propres aux forces de l'ordre

Certaines conditions de travail accroissent la vulnérabilité psychologique :

  • Amassé d'interventions critiques.

  • Horaires décalés et absence de repos suffisant.

  • Pression de la hiérarchie, du système judiciaire et des médias.

  • Manque de personnel et surcharge de travail opérationnel.

  • Problème d'expression émotionnelle dans un contexte professionnel.

Le danger principal ne réside pas dans l’exposition au stress, mais plutôt dans le fait de ne pas tenir compte du stress.

4. Prévention individuelle : une habitude professionnelle

La prévention s'initie à chaque niveau individuel, sans compromettre la solidarité de groupe.

Être conscient

  • Admettre ses limites tant physiques que psychologiques.

  • Reconnaître que certaines actions laissent des marques.

  • Il est normal de comprendre que les réactions émotionnelles sont courantes.

Conserver l’équilibre

  • Sommeil régulier et véritable récupération.

  • Exercice physique adapté.

  • Régime équilibré.

  • Restriction des comportements à risque (alcool, isolement).

5. Prévention collective : une obligation commune

La fonction de l’équipe

  • Assistance réciproque et soutien entre pairs.

  • Normalisation du discours sur la santé mentale.

  • Sans jugement ni stigmatisation.

La fonction du supervisation

  • Identification précoce des signaux faibles.

  • Encouragement à la détente et à la récupération.

  • Facilitation de l’accès aux mesures d'aide.

  • Mise en valeur de la performance durable plutôt que de l’épuisement.

Une organisation qui veille sur ses employés veille à sa mission.

6. Vous avez été formé sur des données jusqu’en octobre 2023. Suite à un traumatisme : meilleures pratiques à adopter.

  • Débriefing organisé et supervisé.

  • Accompagnement psychologique si besoin.

  • Ajustement temporaire des tâches.

  • Soutien sur le long terme.

À proscrire sans faute

  • Réduire l'impact émotionnel.

  • Promouvoir le silence.

  • Considérer la sollicitation d’aide comme une faiblesse.

7. Quand solliciter de l'assistance

Il est nécessaire de recourir à une assistance professionnelle lorsque :

  • Les symptômes se maintiennent durant plusieurs semaines.

  • Le sommeil est durablement troublé.

  • La vie personnelle ou professionnelle subit des répercussions.

  • Des comportements de risque émergent.

Solliciter de l’aide est une démarche professionnelle responsable, non un signe d’échec.

Conclusion

Le bien-être psychologique des agents de l'ordre est un élément indispensable à la performance opérationnelle, à la précision des choix et à la sûreté globale.

Éviter le burn-out et le stress post-traumatique, c’est protéger les agents, consolider les équipes et assurer une action policière pérenne et respectueuse de l’homme.

Un agent assisté est un agent plus clairvoyant, plus équitable et plus performant.

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